Parasciences

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20 ans Déjà !

 de Jean-Michel Grandsire


Incroyable ! la petite a vingt ans. Il faut dire qu’elle est fraîche comme une jeune fille. Pour être franc, j’ai tout du père indigne : j’avais même failli oublier l’anniversaire. Pourtant, vingt ans, ça compte !

Pour l’occasion, j’ai replongé dans les vieux Parasciences à la recherche du numéro 38 qui marquait l’anniversaire des dix ans de la petite.
C’est curieux comme les choses évoluent. Elles bougent là où on ne s’y attend pas, et stagnent, voire régressent, là où l’on fondait de gros espoirs.
Où en étions-nous, il y a dix ans ? À la fin d’un cycle et au début d’un nouveau. Cela paraît aujourd’hui évident.
Les dix premières années de la revue s’étaient faites sous le signe de l’amateurisme. La revue était juridiquement publiée par une association. Murielle,
devenue mon indispensable et inséparable collaboratrice, venait à peine d’être embauchée par la Sarl qui succédait à l’association dans la gestion de la revue... les premiers livres sortaient.
Il existait même à l’époque une seconde revue, Carnets de recherches, que j’ai vainement tenté de sauver du naufrage.

Il y a dix ans...

Dans le numéro 38, qui marquait le dixième anniversaire, je dressais un programme que je ne peux m’empêcher de reproduire intégralement :
Extrait de Parasciences n°38, novembre 1999.
« Et demain ? Et demain, que vais-je vous pondre ? Une troisième revue ? Dix livres par jour ?
Mes projets sont simples : optimiser ce qui est.
Je continuerai donc à améliorer Parasciences, à élargir son audience sans lui faire perdre sa qualité.
Dès ce numéro, la revue peut-être achetée dans certaines librairies.
Il en sera de même pour Carnetset pour les livres que nous publions.
Le seul projet que j’ai à moyen terme, c’est la création d’un site Internet qui synthétiserait Parasciences et Carnets, un site bilingue, qui présenterait le meilleur de ces publications au monde entier, histoire de semer au vent planétaire des idées qui finiront bien par éclore... »

Fin de l’extrait.

...et aujourd’hui

Dix ans après, le bilan n’est pas négatif.
Carnets de recherchesa disparu peu après 1999 faute de lecteurs, ce qui a permis d’étoffer la revue Parasciencesde 20 pages.

Les livres existent toujours, plus que jamais. Le site Internet aussi mais nous avons renoncé à l’anglais. Les ambitions ont été revues à la baisse, du moins pour l’instant.
Sur la forme, la situation est plus que positive. La revue a résisté au temps et nous avons une structure éditoriale qui tient la route et qui diffuse de nombreux livres dans toute la francophonie.
À la création de Parasciences, personne n’aurait parié un centime sur un tel succès. Je me souviendrai toujours de cet ami qui m’avait aidé à réaliser le prototype de Parasciences et qui m’avait prévenu, comme doit le faire un ami lucide : « J’espère que tu ne comptes pas vivre de ça un jour !... » J’osais... mais en silence.
Là où mon bilan des vingt ans est réservé, c’est sur le fond, sur l’état de la recherche.
Il faut l’admettre, sur ce front-là, qui est pourtant essentiel, c’est « morne plaine ».

Vilain caractère !

J’ai certes remué dans les brancards, mais je suis juste parvenu à me faire mal voir et à montrer que j’ai, au fond, un caractère de cochon.
Une lectrice m’a écrit (cela a figuré dans un Courrier des lecteurs) que ma retraite était assurée avec une revue qui traite d’un sujet sur lequel nous n’aurons jamais le fin mot.
Elle a raison et je le déplore. De numéro en numéro, j’essaie de vous donner des éléments de réflexion. Mais ce ne sont que des éléments de réflexion. Les « preuves » tant attendues risquent de l’être encore longtemps.
Et puis il y a ce vieux conflit latent entre cette revue et son lectorat.
Combien de fois ai-je pesté en disant (et écrivant) que j’allais tout envoyer balader, me mettre au tricot plutôt que de continuer à faire de l’insipide. Car c’est bien connu et cela me poursuit, dans le « petit monde de la transcommunication », je suis un vilain petit canard qui n’hésite pas à souffler le chaud et le froid.
Ce n’est que très récemment que j’ai réalisé la raison profonde de cette situation équivoque.
M’étant doté d’une caméra pour engranger de la documentation, j’ai interviewé, dans la même semaine, deux amis qui me sont chers : Jean Martin et François Brune.
Je me suis aperçu du « fossé culturel » qui nous séparait.
Avant Parasciences, j’ai passé des années à étudier le paranormal, la métapsychie, l’occultisme expérimental. Mon regard sur la TCI, quand je l’ai découverte, n’était pas un regard neuf. Je savais à quoi rattacher des éléments déroutants pour un regard non averti. Je savais aussi que l’interaction du psychisme est plus importante qu’on ne le croit au premier abord.

Le nœud du problème

Jean Martin et François Brune n’ont pas suivi ce chemin-là. Ils sont arrivés directement à la transcommunication sans passer par cette case, comme la plupart des transcommunicateurs du reste.
C’est de cette différence que découle le malentendu qui pimente depuis deux décennies les colonnes du Courrier des lecteurs. Pour le plaisir de beaucoup, il faut bien le reconnaître.
C’est aussi pour cela que j’ai tellement enquiquiné mes amis de l’Institut métapsychique, seuls capables à mes yeux de relancer une recherche poussive, ce à quoi ils se sont toujours refusés, par manque de moyens ou par frilosité.
Comment conclure ce bilan en mi-teinte si ce n’est en vous promettant de continuer à faire fructifier ce à quoi je pense ne pas être trop mauvais : la revue, les livres et les coups de gueule qui se veulent constructifs !

L’aventure n’est pas terminée !

Mes cheveux sont tombés, mais j’ai encore mon cœur de vingt ans, plein de projets. Alors attendez-vous à de futures surprises.
Par exemple, je pense être en mesure de résoudre la quadrature du cercle ! Parfaitement ! Ceux qui lisent la revue avec attention savent de quoi je veux parler : comment faire une revue simple, accessible, facile et agréable à lire tout en publiant des dossiers approfondis, complexes et susceptibles de faire avancer une recherche réelle ? Bref : comment satisfaire tout le monde ?
Eh bien je crois que j’ai trouvé la solution.
Vous en saurez plus dans les mois à venir.
Voilà au moins de quoi m’occuper pour les vingt ans futurs... si la Providence me prête vie.
Je ne saurai conclure sans rendre un hommage appuyé aux neuf abonnés qui suivent Parasciences depuis sa création et qui ont supporté, stoïques, mes humeurs souvent capricieuses.

Un hommage !

Merci donc à mesdames et messieurs Depriester, Dumez, Durand, Gilland, Le Coent, Lemerchier, Meyblum, Ramlot et Seguenot !
Je terminerai en ayant une pensée toute particulière pour une abonnée dont je ne connais pas le nom – peut-être lira-t-elle ces lignes et se reconnaîtra-t-elle ? – et que j’ai eue un jour au téléphone (eh oui : il m’arrive de décrocher !). Il s’agit d’une dame abonnée à Parasciences parce toujours en quête de l’homme de sa vie, mort à Dunkerque un beau et triste jour de juin1940.
Qu’elle sache que je ne rédige jamais un numéro de cette revue sans penser à elle, à l’horrible gâchis de la bêtise humaine, à toutes ces vies sacrifiées, à toutes ces douleurs que l’on endure dans le monde.
Cela me fend le cœur et me conduit, parfois, à des dérapages plus ou moins contrôlés, quand, sortant des marques un peu trop strictes que m’impose la ligne éditoriale de cette revue, il m’arrive de dire mon indignation sur ce qui se passe dans le monde...

Problèmes de société

Il est en effet toujours délicat, dans une revue aussi spécialisée que Parasciences, de parler de thèmes sensibles qui, bien souvent, divisent l’opinion.
J’en ai fait les frais lorsque j’ai publié une caricature de G.-W. Bush quand il a envahi l’Irak.
Que n’ai-je lu sur mon anti-américanisme et mon épouvantable parti pris pour un immonde dictateur alors que son pays allait être libéré du joug de la tyrannie, etc.
Tel n’était naturellement pas le fond de ma pensée ; mais lorsque l’on aborde des thèmes passionnels, on court certains risques qu’il est parfois difficile d’assumer.
Faut-il donc se taire au risque de paraître lisse ?
J’avoue que je ne le pense pas.
Quand je lis l’article de Jean-Jacques Charbonier relatant ses démêlés avec un organisme sectaire anti-secte, j’ai envie de dire bien haut ce que je pense de la chasse aux sorcières qui a lieu depuis quelques années dans notre pays.
L’hypocrisie et la perfidie des arguments mis en avant pour justifier cette chasse à ceux qui ne pensent pas droit me répugnent.

La peste émotionnelle et la nouvelle censure

Je dois l’avouer, j’ai un total mépris pour ces gens qui mettent en avant des thèmes sur lesquels nous sommes tous d’accord : lutte contre des sectes criminelles, embrigadement d’enfants, etc., pour insidieusement y amalgamer des gens comme Charbonier – et bien d’autres – et briser la liberté d’expression dans ce pays.
Faut-il se taire ? Faut-il faire comme certains qui ne manquent pas de se réjouir quand un de leur concurrent est victime de telles dénonciations calomnieuses ? Je vous laisse juges.
Car la liberté d’expression est en danger dans notre pays et ce n’est pas un problème dû à la droite ou à la gauche. Qu’on ne s’y trompe pas.

Notre excellent confrère Nexus, une revue dont je vous recommande la lecture, s’est vu par exemple refuser le renouvellement de son numéro de Commission Paritaire sous prétexte que, dénonçant les dangers de certaines pratiques médicales de masse, il mettait en péril ses lecteurs fragilisés par de tels propos. Non, vous ne rêvez pas.
Rappelons que l’inscription à la Commission Paritaire, autrefois accordée à vie par l’État à une publication, est désormais régulièrement révisable (changer les règles en cours de route, vous l’avez peut-être remarqué, est un privilège de la caste politique... – Oh, nuit du 4 août 1789, qu’es-tu devenue ?). Or il se fait que ce sacro-saint numéro permet d’obtenir des tarifs postaux avantageux, condition essentielle pour que la presse puisse vivre.
Censure ? Vous avez osé penser ce mot ?
Décidément vous êtes comme moi, vous avez mauvais esprit.

Politiquement très incorrect !

Vous avez des doutes sur l’origine des attentats du 11septembre 2001, ce drame qui relègue Hiroshima et Nagasaki à un ridicule détail de la seconde Guerre Mondiale ?
Honte à vous ! Vous êtes des arriérés, des révisionnistes. Vous insultez la mémoire des victimes et de leurs familles.
Car c’est comme cela que, dans les grands médias, on règle le problème. « Circulez : il n’y a rien à voir ! »

Faut pas rêver !

Vous vous intéressez au paranormal. Êtes-vous maître de toutes vos facultés ? Il y a de quoi en douter. On sait depuis belle lurette que, selon la règle du syllogisme, ce n’est que de la foutaise.
La preuve :

- 1. Monsieur X. a truqué une expérience de parapsychologie.
- 2. Les expériences de parapsychologie sont truquables...
- 3. Donc toutes les expériences de parapsychologie sont truquées !

C’est là l’argument massue des sectaires rationalistes qui ont fait du syllogisme une quasi-loi scientifique !
Ajoutons-y une dose de sophisme et la boucle sera bouclée.
Mais tout cela se retourne. Vous voulez un exemple ? Le voici :

- 1. La mort est un état de non être.
- 2. Ce qui n’est pas n’existe pas.
- 3. Donc la mort n’existe pas !

Mieux vaudrait en rire si cette manie des amalgames ne s’infiltrait pas dans toutes les couches de la société.
En préparant cet article, le peu de cheveux qui me restent sur la tête se sont dressés en lisant sur un site Internet – pourtant fort intéressant – que Fabrice Bonvin, un garçon remarquable qui a écrit Ovnis les agents du changement(un excellent livre que je vous recommande) était non seulement un créateur de religion mais aussi un révisionniste.
Rien que cela.

« Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose »

Écrivait Voltaire.

La leçon a été bien apprise. Ce n’est pas Monsieur Serge T., qui a eu la perfidie de me dire et de colporter un peu partout que Pierre Beake avait été surpris par les membres de la rédaction d’une revue à jeter des pierres pour faire croire qu’il s’agissait d’un fait paranormal, qui me contredira. Vérification faite, il s’agit d’une affirmation mensongère...
Ce que Wilhelm Reich appelait la « peste émotionnelle » s’étend peu à peu.
Cela nous promet de beaux jours à venir.
Et ça ne me donne décidément pas envie de rester silencieux !


 

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A Propos de l'auteur

Jean-Michel Grandsire
Jean-Michel Grandsire, dit « JMG » Créateur de la revue « Parasciences » et gérant de la SARL JMG éditions. Né le 7 avril 1953, au Tréport. Autodidacte. Auteur de : – « Contacts avec l’au-delà », préface du professeur Rémy Chauvin, aux éditions du Rocher, 1995. Livre repris aux (...) Suite

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